Les entreprises Françaises utilisent elles l'affacturage ?
Depuis de nombreuses années, on peut constater un certain engouement pour l'affacturage, un engouement qui ne cesse d'augmenter. Selon l'Association des Sociétés Française, l'affacturage a enregistré en 2022 une croissance annuelle de 15,5% par rapport à 2021. Selon cette même étude se sont près de 33 000 entreprises qui ont eu recours à l'affacturage en France.
Le marché de l'affacturage en France
La France dispose d'un marché de l'affacturage dynamique et mature, qui offre une gamme complète de services aux entreprises. Aujourd'hui la solution de factoring est relativement répandue en France. Selon les données de la Fédération Française des Sociétés d'Assurances (FFSA) et de l'Association Française des Sociétés Financières (ASF), le marché de l'affacturage en France est en croissance constante.
Si en 2020, le montant total des créances cédées par les entreprises françaises à des factors était d'environ 200 milliards d'euros, il est en 2022 de 421,5 milliards d'euros ( somme de l'ensemble des créances prises en charge par ces sociétés d'affacturage ). Cette augmentation peut être constatée également l'international avec une somme de 152,6 Milliard d'euros atteint en 2022.
L'Europe reste le berceau de l'affacturage. En 2020, l'Europe représentait près de 70% du marché mondial du factoring en termes de volume, avec des pays tels que la France, l'Allemagne, et le Royaume-Uni étant parmi les principaux utilisateurs. Le marché de l'affacturation en France est dynamique,il est utilisé par une variété de sociétés, des grandes entreprises aux PME. Il était couramment utilisé pour améliorer la gestion de la trésorerie, réduire les risques de crédit et financer la croissance des activités.
Les grandes entreprises, les PME et les entrepreneurs individuels ont recours au factoring pour gérer leur BFR, réduire les risques de crédit et améliorer leur flux de trésorerie. On observe des tendances de croissance continues dans le marché de l'affacturage, alimentées par la nécessité de gérer la trésorerie en périodes économiques incertaines. Cette solution a gagné en popularité ces dernières années en France en raison des avantages significatifs qu'elle propose aux entreprises.
Les motivations des entreprises françaises à adopter l'affacturage
L'affacturage, bien que méconnu du grand public, occupe une place prépondérante dans le paysage financier français. Cette technique de financement, centrée sur la cession de créances, répond à une problématique essentielle pour bon nombre d'entreprises : la gestion de trésorerie.
Le besoin immédiat de trésorerie
Dans un contexte économique parfois incertain, les entreprises recherchent des solutions pour sécuriser et renforcer leur trésorerie. L'affacturage permet d'obtenir rapidement des liquidités basées sur des factures non encore réglées, réduisant ainsi les délais de paiement et optimisant la trésorerie.
Externalisation de la gestion du risque client
L'insolvabilité ou les retards de paiement de la part des clients peuvent mettre en péril une entreprise. Grâce à l'affacturage, les entreprises peuvent déléguer cette gestion du risque à des spécialistes, bénéficiant ainsi de l'assurance-crédit et d'un recouvrement professionnel.
Flexibilité des contrats d'affacturage
Chaque entreprise est unique, et les besoins varient. Les sociétés d'affacturage offrent des contrats adaptés, permettant ainsi une grande souplesse selon les besoins spécifiques de chaque entreprise, que ce soit en termes de volume, de durée ou de typologie de client.
Les nombreux avantages de l'affacturage pour les entreprises Françaises
Cette solution a gagné en popularité ces dernières années en France en raison des avantages significatifs qu'elle propose aux entreprises.
Pourquoi l'affacturage se développe en France ?
Les raisons pour lesquelles le factoring est si bien implanté en France :
En résumé, l'affacturage est une solution de financement de plus en plus utilisée par les entreprises françaises grâce aux nombreux avantages que cette solution propose. Pour certaines sociétés elle est même devenue un élément indispensable.
Il est toutefois important de noter que la popularité du factoring peut varier en fonction de la conjoncture économique et des besoins des entreprises. Certaines structures peuvent préférer d'autres méthodes de financement ou de gestion de trésorerie en fonction de leur situation financière et de leurs objectifs commerciaux spécifiques. Néanmoins, l'affacturage reste un outil important et bien établi dans le paysage financier français.
Qui utilise réellement l'affacturage en France aujourd'hui ?
Les chiffres récents montrent que l'affacturage n'est plus un financement réservé aux entreprises en difficulté. En 2025, les sociétés d'affacturage ont pris en charge 439,43 milliards d'euros de créances en France. A la fin de l'année, elles comptaient 30 515 entreprises clientes. Le volume traité a progressé de 1,9 % par rapport à 2024, alors même que le nombre de clients a légèrement diminué.
Ce décalage est intéressant pour un dirigeant ou un DAF : il signifie que l'affacturage est utilisé à la fois par de nombreuses petites entreprises et par des structures de taille plus importante qui mobilisent des encours beaucoup plus élevés. L'enquête annuelle de l'ASF sur 2024 montre ainsi que les TPE et PME représentent 92 % des clients des factors en nombre, tandis que les entreprises réalisant entre 50 millions et 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires génèrent à elles seules près de 45 % des encours.
L'affacturage français en 2025 en trois chiffres
Les TPE et PME restent les utilisateurs les plus nombreux
En nombre d'entreprises, le factoring reste très largement utilisé par les petites et moyennes structures. A fin 2024, 52,3 % des clients des factors réalisaient moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires et 39,5 % se situaient entre 2 et 50 millions d'euros. Ensemble, ces deux catégories représentent 92 % de la clientèle.
Pour une TPE ou une PME, la logique est simple : le poste clients représente souvent une part importante du besoin en fonds de roulement, alors que les ressources financières internes restent limitées. L'affacturage permet de transformer plus rapidement des factures en trésorerie, sans attendre leur échéance normale.
Ce constat explique pourquoi une société de services de 800 000 euros de chiffre d'affaires, un transporteur de 3 millions d'euros ou un négociant réalisant 15 millions d'euros peuvent tous utiliser le même principe, même si leurs contrats et leurs niveaux de financement sont très différents.
Les ETI utilisent l'affacturage pour des volumes beaucoup plus élevés
Le poids des entreprises de taille intermédiaire est beaucoup plus important lorsqu'on regarde les encours plutôt que le nombre de contrats. Les entreprises réalisant entre 50 millions et 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires ne représentaient que 8 % des clients des factors à fin 2024, mais elles concentraient 44,8 % des encours.
Pour ces sociétés, le factoring n'est pas uniquement une réponse à un manque ponctuel de trésorerie. Il peut devenir un outil de financement permanent du BFR, notamment lorsque le groupe connaît une croissance rapide, travaille avec de grands donneurs d'ordre ou souhaite conserver ses lignes bancaires pour financer des investissements à moyen et long terme.
Les contrats sont alors souvent plus sophistiqués : gestion déléguée, affacturage confidentiel, syndication ou programmes internationaux. L'entreprise conserve parfois elle-même les relances et l'encaissement tout en utilisant le factor pour financer de gros volumes de créances.
Les entreprises exportatrices utilisent de plus en plus le factoring
Le développement international constitue un autre moteur important. En 2025, l'affacturage international a représenté 169,1 milliards d'euros, en progression de 5 %. L'affacturage à l'exportation a atteint 36,4 milliards d'euros et progressé de 14,4 % sur un an.
Pour un exportateur, l'intérêt ne se limite pas à obtenir du cash plus rapidement. Le factor peut aussi contribuer à l'analyse du risque acheteur, à la surveillance des encours et au recouvrement dans des environnements où les habitudes de paiement et les procédures juridiques sont moins familières.
Une PME industrielle qui commence à vendre en Allemagne, en Espagne ou en Italie peut ainsi financer ses factures export sans attendre 60 ou 90 jours, tout en gardant une meilleure visibilité sur le risque porté sur chacun de ses clients.
Quels profils d'entreprises ont le plus intérêt à utiliser l'affacturage ?
La taille ne suffit pas pour déterminer si une entreprise est un bon candidat. Deux sociétés ayant exactement le même chiffre d'affaires peuvent avoir des besoins totalement différents. Il faut regarder la structure du poste clients, les délais de paiement, le niveau de marge, la concentration du chiffre d'affaires et la qualité des débiteurs.
Une entreprise qui vend en BtoB avec des délais de paiement
Le premier profil est celui d'une entreprise qui facture d'autres professionnels avec un délai de règlement. Plus l'écart entre la date de facturation et le paiement est important, plus le montant immobilisé dans le poste clients augmente.
Exemple concret : une société de conseil facture 25 000 euros TTC à un grand groupe avec un délai de paiement de 60 jours. Elle doit pourtant payer 14 000 euros de salaires et charges avant l'encaissement.
Avec une avance théorique de 90 %, la facture peut générer jusqu'à 22 500 euros de trésorerie avant retenues et frais. L'entreprise finance ainsi son cycle d'exploitation sans attendre les 60 jours.
Une entreprise en croissance dont le BFR augmente rapidement
Une hausse du chiffre d'affaires n'améliore pas automatiquement la trésorerie. Au contraire, une entreprise qui vend davantage doit souvent acheter plus, recruter, produire ou sous-traiter avant d'être payée. Son besoin en fonds de roulement peut donc augmenter plus vite que sa marge.
Exemple concret : une PME passe de 100 000 à 150 000 euros de facturation mensuelle avec des clients réglant à 60 jours. Son encours clients peut rapidement augmenter d'environ 100 000 euros simplement à cause de la croissance.
Si les nouvelles factures sont éligibles, l'affacturage permet d'accompagner cette hausse de l'activité en transformant progressivement le nouvel encours en trésorerie disponible.
Une entreprise dépendante de quelques grands donneurs d'ordre
La concentration du chiffre d'affaires n'empêche pas nécessairement l'affacturage, mais elle devient un point central de l'analyse. Lorsqu'un client représente 30, 40 ou 50 % des ventes, la limite accordée sur ce débiteur détermine directement la capacité de financement de l'entreprise.
Le dirigeant ou le DAF doit donc vérifier la limite réellement accordée avant de considérer que tout l'encours sera finançable. Une offre attractive sur le papier peut devenir insuffisante si le principal donneur d'ordre n'est couvert qu'à hauteur d'une fraction du besoin.
Une entreprise qui veut externaliser le crédit client et le recouvrement
Certaines sociétés utilisent le factoring moins pour le financement que pour la gestion du poste clients. C'est notamment le cas lorsque le volume de factures devient trop important pour une petite équipe comptable ou lorsque le dirigeant souhaite professionnaliser les relances.
Le factor peut alors prendre en charge tout ou partie du suivi des créances, des relances et du recouvrement. L'intérêt doit être comparé au coût interne que représenterait la même organisation : temps de travail, outils, renseignement commercial, assurance-crédit et procédures de recouvrement.
Lecture simplifiée : quand l'affacturage devient pertinent
Vous facturez une entreprise ou une administration
Le paiement intervient à 30, 45 ou 60 jours
Vous devez payer vos charges avant l'encaissement
La créance devient une source de financement
Petites entreprises ou grands groupes : qui pèse réellement dans le marché ?
Les statistiques de l'ASF permettent de distinguer deux réalités : les TPE et PME dominent en nombre de contrats, tandis que les ETI et les grands comptes pèsent beaucoup plus lourd dans les encours. Cette distinction explique pourquoi l'affacturage peut être à la fois un produit standardisé pour une petite structure et un financement structuré de plusieurs dizaines de millions d'euros pour un groupe.
Répartition des clients des factors selon leur chiffre d'affaires - fin 2024
Le commerce de gros reste par ailleurs le premier secteur bénéficiaire des financements recensés par l'ASF, avec plus d'un cinquième des engagements à fin 2024. Le commerce et la réparation automobile ainsi que l'industrie alimentaire figurent également parmi les secteurs importants.
Ces données montrent qu'il n'existe pas un profil unique d'utilisateur. Le point commun est surtout l'existence de créances professionnelles suffisamment nombreuses, documentées et finançables pour que leur mobilisation apporte une vraie valeur à l'entreprise.
Comment savoir si votre entreprise devrait étudier l'affacturage ?
Pour un dirigeant ou un DAF, la bonne question n'est pas : "les entreprises de ma taille utilisent-elles l'affacturage ?" Il est plus utile de regarder le fonctionnement réel du cycle d'exploitation. Une petite entreprise avec de grands comptes à 60 jours peut avoir davantage besoin de factoring qu'une société dix fois plus importante dont les clients paient comptant.
Commencer par mesurer le montant immobilisé chez les clients
La balance âgée permet de visualiser les créances non encore encaissées. Si ce montant représente plusieurs semaines ou plusieurs mois de charges, il existe un potentiel de financement à étudier. Il faut ensuite distinguer les factures non échues, les retards, les litiges et les créances qui ne répondent pas aux critères du factor.
Comparer le besoin réel au financement réellement disponible
Il ne suffit pas d'appliquer un pourcentage d'avance au chiffre d'affaires. Le financement dépend des factures remises, des limites sur chaque client, du fonds de garantie, des réserves et des éventuels litiges. Le calcul doit donc porter sur la trésorerie nette réellement mobilisable.
Exemple concret : une PME possède 180 000 euros de factures clients. Sur ce montant, 140 000 euros sont éligibles et le factor peut avancer 90 %. La capacité théorique est donc de 126 000 euros avant prise en compte du fonds de garantie, des éventuelles retenues et des frais.
Ce montant doit être comparé au besoin réel de trésorerie. Si l'entreprise n'a besoin que de 70 000 euros, financer systématiquement le maximum n'est pas forcément utile.
Vérifier que l'affacturage résout un problème de BFR et non un déficit structurel
L'affacturage est particulièrement efficace lorsqu'il existe un décalage entre des ventes rentables et leur encaissement. En revanche, il ne corrige pas une activité durablement déficitaire, une marge insuffisante ou des charges fixes trop élevées.
Une entreprise qui doit financer chaque nouvelle facture simplement pour absorber des pertes anciennes doit analyser la rentabilité et le plan de trésorerie avant de considérer le factoring comme une solution suffisante.
Diagnostic rapide avant de demander une offre
Oui : poursuivre l'analyse
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Commande, livraison ou prestation réalisée
Si oui, le factoring mérite d'être chiffré
FAQ : quelles entreprises utilisent l'affacturage ?
Les questions suivantes permettent d'aller plus loin que les statistiques et de déterminer si une entreprise peut réellement tirer parti du factoring.
1. Existe-t-il un chiffre d'affaires minimum pour utiliser l'affacturage ?
Il n'existe pas de seuil unique valable pour tous les factors. Certaines offres sont conçues pour de petites entreprises avec un chiffre d'affaires limité, tandis que d'autres contrats sont réservés aux PME, ETI ou grands comptes. Le volume de factures, leur montant moyen et la qualité des clients comptent autant que le chiffre d'affaires total.
2. Une entreprise avec un seul gros client peut-elle utiliser l'affacturage ?
Oui, mais le dossier sera très dépendant de la limite accordée sur ce débiteur. Si ce client représente 60 % du chiffre d'affaires, une limite insuffisante peut réduire fortement le financement disponible. La concentration doit donc être étudiée avant la signature.
3. Une entreprise sans premier bilan peut-elle déjà recourir au factoring ?
Oui, certaines solutions acceptent les entreprises récentes. Le factor regardera alors avec attention les contrats commerciaux, les commandes obtenues, les premières factures et surtout la solvabilité des clients. Une jeune société facturant de grands comptes solides peut donc être finançable même sans historique comptable complet.
4. Les entreprises travaillant avec des administrations utilisent-elles aussi l'affacturage ?
Oui. Les créances sur des organismes publics peuvent être financées, sous réserve de respecter les procédures et de fournir les justificatifs nécessaires. Le traitement d'une facture publique est toutefois différent d'une facture classique sur une entreprise privée.
5. Pourquoi le nombre d'entreprises clientes peut-il baisser alors que le marché progresse ?
Parce que le volume traité ne dépend pas seulement du nombre de contrats. Quelques grandes PME ou ETI peuvent représenter des encours très importants. En 2025, le volume global a progressé alors que le nombre de clients a légèrement diminué, ce qui illustre cette montée en puissance des contrats de plus gros montant.
6. Quels secteurs utilisent le plus l'affacturage en France ?
Les données ASF montrent notamment un poids important du commerce de gros. Le commerce et la réparation automobile ainsi que l'industrie alimentaire figurent aussi parmi les secteurs significatifs. Mais le factoring est également utilisé dans le transport, l'intérim, les services BtoB, le BTP, l'industrie et de nombreuses activités de négoce.
7. L'affacturage est-il réservé aux entreprises qui ont des problèmes de trésorerie ?
Non. Une entreprise peut utiliser l'affacturage alors qu'elle est parfaitement rentable afin de financer sa croissance, réduire son BFR, sécuriser ses créances ou préserver ses lignes bancaires pour d'autres investissements. Les ETI qui représentent une part importante des encours en sont une bonne illustration.
8. Une entreprise peut-elle utiliser l'affacturage uniquement pour ses clients étrangers ?
Oui, selon les contrats. L'affacturage export peut financer les factures sur des clients étrangers et apporter des services de suivi du risque et de recouvrement. En 2025, l'activité export des factors français a progressé de 14,4 %, ce qui montre l'intérêt croissant de cette utilisation.
9. Une entreprise peut-elle choisir seulement certains clients ou certaines factures ?
Cela dépend de la formule. Certains contrats imposent un périmètre global alors que d'autres solutions permettent de sélectionner des débiteurs ou des factures. Cette souplesse est particulièrement utile lorsqu'une entreprise ne souhaite financer que ses grands comptes ou un besoin ponctuel.
10. Quel indicateur permet de savoir si l'affacturage est vraiment utile à l'entreprise ?
Le plus parlant est la trésorerie nette réellement libérée par rapport au coût total du contrat. Il faut aussi suivre le DSO, le taux de factures effectivement financées, les limites disponibles, le niveau des litiges et le temps administratif économisé. Ces éléments permettent de juger la valeur réelle du factoring au-delà du taux affiché.